Culture et centre Pompidou

Pompidou Metz

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

CENTRE-POMPIDOU

Personne ne peut dire que l'implantation de la première annexe du centre Pompidou dans notre Ville soit une mauvaise chose, nous avons voté ce projet. En effet, Metz souffre aujourd'hui d'un déficit d'image au niveau national et international et la création d'un tel temple de l'art contemporain ne peut que provoquer un choc d'image bénéfique pour la ville. Pourtant au vu de la pratique de la politique culturelle actuelle on doit s’interroger sur la meilleure façon de faire fonctionner cet outil et pointer les dérapages financiers et de calendrier qui ont marqué le projet.

LES DÉRAPAGES

Personne ne fera plus croire aux messins que la gestion du maire sortant est toujours la plus efficace et que l'ensemble des projets importants respectent de façon infaillible les budgets annoncés au départ. La réalisation de l'infrastructure devait d'abord coûter aux contribuables 35 millions d'euros. On en est à présent à plus de 60 millions avec les abords alors que le cahier des charges a été revu à la baisse. En effet l'aspect du bâtiment risque de différer du projet initial. Pour des raisons de coût, il a été décidé de rabaisser la toiture de la structure, alors que c'est bien ce "chapeau" de Shigeru Ban et Jean de Gastines qui en fait son originalité première.
De plus, le maire sortant lui-même indique que d’autres dérapages ne sont pas exclus. Il est vrai que pour de tels prototypes présentant des contraintes techniques nouvelles compte tenu des innovations architecturales du projet, les dépassements de coût sont courants, mais ici la suffisance dans l’affirmation que les prix sont toujours respectés à Metz est pitoyable. Un peu de modestie s’impose. Les difficultés se sont accumulées, la dernière en date étant la défection du bureau d’étude anglais retenu et la nécessité de renforcer la maîtrise d’oeuvre. Le prix du centre Pompidou dérape. Nous ne serions pas surpris si la facture totale atteignait les 70 millions d'ici à l'ouverture du musée. À noter que les frais de gestion annuels devraient avoisiner les 10 millions d'euros selon les indications données à la CA2M, ce qui est plus élevé que les 10% de l’investissement indiqués au départ.


En tout état de cause une expertise indépendante sera réalisée à notre arrivée à la mairie sur la situation financière du projet.
Concernant les délais, c'est plus qu'un léger retard qui s'abat sur la construction du site. Avec une inauguration prévue d'abord pour 2007, puis reportée à 2008, ce ne sera (finalement ?) pas avant le deuxième semestre 2009 que le public aura la possibilité de découvrir les installations et expositions d'art contemporain, aux coté du maire qui sera élu en mars prochain.

POUR QUE LES MESSINS S’EN EMPARENT

La question d’avenir est celle de la vie culturelle du site, de son animation, de sa capacité à fédérer les publics, mais aussi les artistes, elle doit être au centre de tous les questionnements. Que prévoit-on pour attirer les messins et de manière plus générale les habitants de la CA2M, alors que nos grands équipements d’agglomération ne sont pas des lieux de vie comme l’Arsenal, les Musées ou encore l’Opéra Théâtre ? Le projet initial n’intègre pas la nouvelle médiathèque de la Ville qui a été reportée à plus tard, pour une prochaine tranche de travaux du quartier de l'amphithéâtre. Même Alain Seban, actuel Président du Centre Pompidou Paris rappelle qu'à Paris « le succès passe par la médiathèque », ou encore Renaud Donnedieu de Vabres, l'ancien Ministre de la Culture qui précisait en 2006 qu'il était essentiel de lier ces deux projets et qu'il engagerait la participation de l'Etat pour la réalisation de cette médiathèque. Avec ce grand projet pour la Ville de Metz, évitons l'écueil de nos différents lieux de culture actuels qui n'ont pas intégré la logique d'attraction de nouveaux publics et d'éveil à la curiosité. Il faudra avoir envie d’aller dans ce Centre, relativement séparé du centre-ville, pour y faire un tour avec des amis, y déjeuner ou aller y boire un verre dans une ambiance accueillante et originale, la garde des enfants étant assurée.
Les réflexions à avoir dès à présent concernent la vie de ce futur haut lieu de culture. Comment faire pour que les messins s'en emparent ? Quelle place pour la création artistique locale ? Autant de questions laissées sans réponse par le maire sortant.

Nous faisons quatre propositions :
  1. La construction d’un musée d'art moderne sera un événement pour la Ville durant tout le temps des travaux et donnera lieu à un formidable débat public sur son utilisation. Ce débat sur le futur du Centre Pompidou, nous l’organiserons avec tous les acteurs dès le mois d’avril.
  2. Nous ferons du Centre Pompidou la clé de voûte de notre politique culturelle en y faisant venir les écoles, les collèges, les lycées et les associations des quartiers dans l’esprit de l’éducation populaire tout en permettant aux artistes locaux d’y trouver leur place dans la création artistique.
  3. Nous organiserons une synergie entre le Centre Pompidou, l’Ecole supérieure d’art et l’Université Paul-Verlaine dans le domaine des matériaux, du design et du numérique de façon à faire résonner l’art contemporain avec la création,la recherche, l’innovation et les entreprises. Des possibilités sont ouvertes en ce sens avec le projet ISEETECH adopté au Contrat de Projet 2007-2013.
  4. Enfin pour que Metz soit visible sur la carte de l’Europe, Pompidou-Metz sera le centre d’un évènement culturel consacré aux arts contemporains organisé à date régulière avec la participation de tous les lieux de culture de la ville. L’image de Metz en serait renforcée et le Centre deviendra un levier du développement économique de l’agglomération notamment du fait de l’augmentation de la durée de séjour des visiteurs.

Dominique Gros (22/12/2007)