Metz est-elle vraiment bien gérée ?

Est-ce que les finances de la ville sont saines ?

D’un strict point de vue financier, on peut dire que les finances de la ville sont très saines dans la mesure où Metz est la ville de plus de 100 000 habitants la moins endettée (source : Les Echos 21 février 2008).

Des finances saines, est-ce que cela veut dire « bien gérée » ?

(Source des classements : Les Echos du 21 février 2008, classement sur 37 villes de plus de 100 000 habitants)

Non, avoir des finances saines ne veut pas nécessairement dire que la ville est bien gérée. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise gestion a priori. Metz est bien classée pour son endettement très modéré.

Mais ceci se fait au détriment de l’investissement : entre 2002 et 2006, Metz et son agglomération sont passés au 34ème sur 37 en terme d’investissements. Chacun a pu remarquer que l'agglomération n'avait pas de transport en commun en site propre, de salle de musiques actuelles, de périscolaire, que le technopôle méritait une sérieuse remise à niveau ou que les parties communes des logements sociaux sont très dégradés, etc.
Peu d’endettement : c’est une famille qui préfère vivre sous une tente et sous-alimenter ses enfants plutôt que de prendre un emprunt pour acheter son habitation et choisir de vivre décemment au quotidien. Chaque type de dépense doit correspondre à un financement qui lui est adapté.

Par exemple, en 2006, Metz et son agglomération ont investi 20% de moins par habitant (728 € contre 912 €) que la moyenne des villes comparables.

Ces choix d’investissements font que Metz est très mal classée dans tous les domaines qui concernent le quotidien et le futur des habitants et sur lesquels il est impératif d’inverser la tendance :

  • Metz est 29ème sur 37 pour la croissance de la population entre 1999 et 2005
  • Metz est 29ème sur 37 pour l’évolution du taux de chômage entre 2002 et 2006
  • Metz et sa zone d’emplois sont 23ème sur 37 pour l’évolution du nombre de créations d’entreprises entre 2003 et 2007
  • Metz et sa zone d’emplois sont 29ème sur 37 pour la croissance du nombre d’entreprises

Or une faible croissance du nombre d’habitants et du nombre d’entreprises, c’est un manque à gagner en rentrées fiscales, et c’est un appauvrissement de la ville sur le moyen et le long terme.

Autre exemple : dans son n° spécial sur les bons exemples de politiques de développement durable, le magazine Alternatives Economiques cite 20 municipalités françaises (gérées à droite comme à gauche… Metz n’y est pas… c’est un crève-cœur pour une ville pionnière de l’écologie urbaine.


Faiblesse démographique et économique

Si rien n'est fait, les prévisions établies par le cabinet de consultants Experian Business Strategies pour L'Expansion (n°422 spécial Metz) sont peu rassurantes : « entre 2005-2010, la microzone de Metz connaîtra une croissance modérée (1,2% par an (NDLR: soit 2 fois moins que la moyenne nationale) » et « le nombre d’emplois créés devrait décroître à partir de 2009 ». L'étude déplore l'absence d'« entrepreneurs qui joueraient le rôle de locomotives en dirigeant d'importants groupes attractifs pour de nombreux salariés », relevant ainsi l'insuffisance d'effort d'attractivité pour l'agglomération.

Si l'on continue pendant 6 ans comme actuellement, il faut craindre la poursuite de la baisse de la population du bassin, entamée en 2005, pour les dix prochaines années « en raison de la difficulté pour le tissu économique local d’offrir des emplois attractifs ». Ces risques, nous les avons pris en compte dans notre projet et nos propositions. Faire de Metz une grande métropole régionale transfrontalière tournée vers l'Europe, voilà notre ambition.

Passer d'une gestion austère à une gestion rigoureuse

Nous voulons passer d’une gestion austère (économiser pour le plaisir d’économiser) à une gestion rigoureuse (investir pour atteindre des objectifs précis et pour préparer l’avenir de tous les habitants quelque soit leur âge).
Notre projet est extrêmement soucieux de l'argent public et aucune mesure nouvelle ne sera financée par une augmentation du taux des impôts locaux communaux.

Nos priorités d'investissement (transports collectifs et doux, développement durable et logements, équipement des quartiers et développement économiques) seront financés : par le produit de la vente partielle déjà réalisée de l'UEM (45 millions d'euros), une structure adaptée de l'emprunt, un rééquilibrage des investissements du centre-ville vers les quartiers, un rééquilibrage fonctionnement vers investissement.