Assises Metz ville européenne et universitaire

Metz ville européenne

Deuxième rendez-vous de la démocratie locale, hier soir, au Théâtre du Saulcy après celui sur la culture à Metz.
Organisée par Dominique Gros et animée par Richard Lioger, l'assemblée-débat autour du thème de Metz, ville européenne et universitaire a été l'occasion pour les participants d'échanger points de vue et perspectives pour l'avenir de Metz et de son université dans un contexte transfrontalier.

A la tribune, Thierry Jean, conseiller régional de Lorraine et membre du conseil parlementaire de la Grande région explique l'enjeu du développement de l'agglomération messine vers le nord luxembourgeois et le sud nancéien pour son tissu économique et les entreprises. « Metz ne joue pas son rôle de métropole lorraine. Jean-Marie Rausch est à la traîne dans toutes ses réalisations et ses propositions. Pour l'instant, le Quattropole est une coquille vide. ». Christophe Grimm, ancien Président du Langtag de Rhénanie-Palatinat, confirme que le développement du Quattropole est bloqué par l'attitude de Jean-Marie Rausch qui a toujours préféré le "repli sur soi" pour Metz plutôt que la coopération transfrontalière.

Pourquoi vouloir parler d'Europe et d'université en même temps ? « Parce que nous voulons nous appuyer sur notre université et nos grandes écoles pour remettre Metz au coeur de l'Europe », explique Dominique Gros. « C'est un enjeu essentiel de cette campagne, précise Richard Lioger. L'université de Metz a la chance d'être leader en matière de programmes franco-allemands. Nous devons nous appuyer sur ce qui existe pour intégrer un vaste réseau de savoir dans la grande région, de Nancy à la Sarre en passant par le Luxembourg. Metz en sera le coeur, et ce réseau sera au service des entreprises. ».

Thierry Jean ne peut qu'approuver : « La CA2M ne consacre même pas 2% de son budget au développement économique et à l'enseignement supérieur. Sa seule stratégie est l'optimisation du foncier disponible. Il faut voir plus loin, il faut arrêter de considérer nos voisins nancéiens, luxembourgeois et allemands comme nos concurrents. Nous devons tous agir de manière cohérente. C'est avec eux que nous serons plus forts. Aujourd'hui, c'est le soutien aux réseaux, aux clusters qui constitue la politique économique la plus efficace. C'est la Banque de France qui le dit. ».

Hacène Lekadir, vice-président étudiant de l'université de Metz et Christiane Pallez, conseillère générale, ont souligné les difficultés rencontrées par les étudiants, notamment les étrangers, pour se loger décemment avec un loyer raisonnable à Metz, rappelant que l'opposition municipale a réclamé des chambres qui, bien que financées par l'Etat, la région et le département, ont toujours été refusées par Jean-Marie Rausch.

Comme Dominique Gros, Michaël Clivot, franco-allemand et collaborateur de la maire de Saarbrücken, a regretté la faiblesse des échanges entre Metz et Sarrebrück. Tous deux ont constaté que Metz était complètement passé à côté de Luxembourg "capitale culturelle de l'Europe" en 2007 et que la formation linguistique était insuffisante. Une action volontaire pour encourager le multilinguisme est nécessaire.

Marie-Anne Isler-Béguin, députée européenne, a regretté que l'Institut européen d'écologie de Metz n'ait aucun rayonnement ni visibilité alors que Metz dispose d'atouts dans le domaine du développement durable qui ne sont absolument pas valorisés. Dominique Gros a souligné que le programme municipal de la gauche prévoit de relancer l'Institut et de faire de Metz une vraie ville durable.